Je ne porte pas Tarantino dans mon coeur, ces films m’en touchent une sans bouger l’autre. Pulp Fiction m’avait ennuyé, Boulevard de la mort était d’une facilité déconcertante, Kill Bill 1 et 2 m’avaient plu mais l’art et la manière de Quentin ne m’ont pas touché.

Alors quand j’ai du m’attaquer à Inglorious Basterds, c’était à reculons. Le nouveau chef d’oeuvre de Tarantino allait-il me faire changer d’avis ?

La réponse est non. Son style ne me touche vraiment pas. Oui Inglourious Basterds est bon, oui l’histoire est intéressante mais la touche du réalisateur semble surfaite. Derrière un scénario réjouissant se cache de nombreux artifices qui m’ont rebuté. Le rythme n’est pas lent mais les dialogues prennent un temps et une place folle que ça en devient rageant. Finalement il y a peu de scènes marquantes qui ponctuent et relancent le film. La construction en chapitre n’arrange rien. On sent que le réalisateur ajoute à gauche et à droite pour se créer des repères et hacher son film le transformant en histoire balisée.

Inglourious Basterds

©Universal

Le personnage interprété magistralement par Christoph Waltz, Hans Landa, vole chaque scène. La question est de savoir si le scénario porte le personnage ou l’inverse. Sa manière de faire, minutieuse, sournoise, prête à sourire et on sait à quoi on s’attend à chacune de ses apparitions mais ça fonctionne. La longue scène du début de Inglourious Basterds est aussi intéressante. On s’attend à l’issue finale mais l’atmosphère est posée dès le début et de plus en plus, on oublie que cela dure depuis vingt minutes. Tarantino sait tuer le temps ! Reste un Brad Pitt un peu mou du genou qui prend plaisir mais qui ne sort pas de son froncement de sourcils quand Melanie Laurent s’en sort plutôt bien ! On se prend d’affection pour ce personnage, par contre son love interest, Daniel Bruhl, est d’un mauvais… très mauvais.

Inglourious Basterds

©Universal

Le massacre final est presque jouissif puisqu’il conclue plus de deux heures de grands dialogues et de construction finement ciselée. La conclusion est abrupte et simpliste ce qui confère une petite originalité qui ravira les défenseurs du réalisateur pour qui tout est pardonnable… Les artifices de mise en scène semblent des raccourcis fallacieux pour ma part mais on adhère ou non… et je ne suis pas super client ! Il a du savoir-faire mais il sait surtout en faire beaucoup pour peu de résultat. C’est dit !