Un vaisseau-mère extraterrestre stationne au-dessus de Johannesburg. Le gouvernement n’a de choix que d’accueillir les occupants et les confiner dans un camp retranché. Appelé Disctric 9, ce camp ressemblera de plus en plus à un bidonville où les aliens seront persona non grata à l’extérieur.

Le pitch était prometteur et semblait offrir une vision différente de l’invasion alien en se penchant sur la métaphore des immigrés clandestins. Film politique, District 9 l’est pendant dix minutes. D’ailleurs le début du film peine à convaincre, la situation est présentée rapidement et on doit accepter de suite le postulat de départ. Petit problème, on ne croit pas au concept, des aliens débarquent et personne ne s’en soucie. L’existence d’une autre vie est donc clairement acceptée dans cet univers. Il aurait été intéressant de passer un peu de temps sur ce sujet quitte à donner un peu plus d’épaisseur sociale au film.

Après cette introduction, nous suivons donc Wikus, responsable des prochaines expulsions des aliens. Depuis 20 ans, le bidonville s’est de plus en plus agrandi et près de deux millions d’aliens sont là. Une milice armée de nigérians a aussi intégré le bidonville pour tenter de contrôler un marché noir d’armes et de nourriture. 2 millions d’aliens c’est beaucoup et on ne sent pas vraiment le poids de la population. Tout semble vraiment intégré à la société et l’environnement de la ville. Il y a un sentiment d’insécurité mais le vrai poids n’est pas palpable. Et quand la procédure d’expulsion démarre, les représailles sont d’une intensité assez faible. Le film bascule dès le deuxième tiers vers un film de traque avec Wikus qui en activant une arme alien a débuté une mutation qui fera de lui un extraterrestre en devenir. Dès lors, le film perd encore de sa portée et se concentre sur l’errance et la fuite de Wikus. District 9 redevient encore plus ordinaire jusqu’au final qui sonne comme un pétard mouillé.

Film sud-africain, parrainé par Peter Jackson, Disctrict 9 avait fait sensation par son approche et son marketing viral. Ambitieux par son pitch, filmé comme un documentaire la plupart du temps, le film déçoit par un traitement qui ne va pas au-delà du genre dans lequel il s’enferme lui-même.

Il reste une curiosité cinématographique appréciable en ces temps de science-fiction morne mais n’est pas la pépite attendue.