Barbara rencontre Nicolas au vidéo-club, leur histoire évolue et le désir d’enfant apparaît .. S’en suivent l’histoire d’une jeune fille devenue mère, d’un couple qui évolue…

Les deux premières minutes du film sont magiques. La rencontre aidée par les titres des DVD des films du vidéo-club est simplement belle et drôle. Une idée savoureuse qui met de suite de bonne humeur.

Mais le film ne racontera pas une histoire d’amour, non. Il va plutôt raconter l’histoire d’une femme qui aime, tente d’aimer, vit et tente de survivre. Rapidement la voix off de Barbara nous met à l’amende, ce sera l’histoire d’une femme qui a dit oui trop vite… ou qui a semblé forcer la chose.

Loin des films sur l’arrivée de bébé à base de couche culotte sale et de vomi qui font rire toute la famille, les voisins… Un Heureux Evènement prend tout le monde de court et propose une vision presque pessimiste de la maternité. Ici, ce n’est pas une comédie qui a des accents de drame, c’est l’exact contraire.

Nicolas est le compagnon geek, un peu jeune dans la tête, il joue à la Wii et n’a pas conscience qu’il va devenir père… et adulte. Barbara, elle, ressent physiquement et moralement les effets de la grossesse. Rien n’est épargné, douleurs, détails, questionnement, Barbara change, et c’est la seule… et elle se sent seule.

Louise Bourgouin offre une partition assez juste, pleine d’émotion et parvient à rendre crédible son personnage. pas de faux semblant, le film offre ce qu’il y a de plus crû dans la vie d’une femme qui va accoucher. Tout est passé sous le prisme de Barbara et le film respecte le spectateur en ne proposant pas de pathos, d’émotions artificielles.

Si le côté voix-off philosophant peut rebuter, il y a un vrai discours. On peut rapprocher le film de Away We Go (2009 – Sam Mendes) qui même s’il propose un discours moins pessimiste, permet de rendre compte de la psychologie d’une femme enceinte. Si Un heureux Evènement parle des conséquences à court terme avec le couple éclaté, le désir, les relations, Away We Go questionne sur le plus long terme avec la construction d’une famille, la place de l’enfant. Barbara parait plus égoïste que Verona, la future mère du film de Sam Mendes, moins chaleureuse mais elle n’en est pas moins à plaindre.

Rémi Bezançon est un réalisateur à suivre, son diptyque sur les aléas de la vie est vraiment réussi. Le Premier Jour Du reste de Ta Vie (2008) restera incontestablement un petit joyau après avoir taté le terrain avec Ma Vie En L’Air. (2005)