Télérama, Le Monde, Les Cahiers du Cinéma, les universités, les radios, les télés, les conférences, chacun y va de son petit regard sur les séries télévisées. Depuis 10 ans et l’apparition des Sopranos, de Six Feet Under, de Lost ou de Dexter, on assiste à une mise en avant de ce genre de programmes. Je ne vais pas revenir sur le fameux âge d’or des séries puisque les sus-cités au début de ce paragraphe l’ont fait  en long, en large et en travers. Je vais plutôt orienter ce laïus sur le pourquoi de cet engouement en prenant une approche purement subjective.

Pourquoi parler de Dexter ou de Mad Men, pourquoi faire un papier sur eux ? Ces séries ont-elles une place préfabriquée dans l’Histoire même des séries ? Pourquoi elles et maintenant ? Pourquoi ne pas revenir sur les anciennes séries, pourquoi Breaking Bad doit-elle être débattue autour d’une table ronde aujourd’hui ? Ces séries ne sont-elles pas plutôt destinées à ne plus être analysées dans dix ans ? Les séries ont-elles trouvées leur utilité en cet instant T, leur apparition a t-elle déclenchée automatiquement une légitimité  ?

Je ne suis pas un spécialiste des séries télé, du moins pas un des nombreux nouveaux maitres du sujet qui ont réussi à parler en bien d’un épisode quelconque d’une série quelconque à un moment quelconque. Les places étaient chères, elles sont désormais toutes prises mais bon nombre de sériephiles sont aussi calés que certains.

John / Jack : personnages inoubliables ?

Mon propos est simple, j’ai l’impression que seules trois séries et demie peuvent se targuer d’être analysables. On a eu Lost, 24, les Sopranos, et maintenant on a Breaking Bad, Dexter et Mad Men. Si un journal ne cite pas l’une d’entre elles, elle est passée à côté de son sujet… Est-ce un aveu de dire qu’il existe d’autres séries aussi intéressantes ? Est-ce une polémique de dire qu’analyser des comédies seraient tout aussi bien ? Est-ce une obligation de se tourner vers HBO ou le câble pour trouver des séries parfaites ?

Certes, le câble offre une palette de séries indiscutablement bonnes mais cette manière de faire des médias transforme le produit sériel en produit hype, limité socialisé/socialisable où seules les séries au contenu dur, profond, complexe sont à voir et à connaître.

Si un journal cite The Office comme miroir de la vie en entreprise ou si un journaliste prend House comme exemple pour parler du système médical américain ou de la psychologie d’un personnage qui s’auto-détruit ? Pourquoi ne pas prendre Hank Moody de Californication alors ? Ca n’aurait pas le même impact puisque ces dernières sont, hélas pour elles, des produits tout publics.

Il ne viendrait pas à l’esprit de parler de Blue Mountain State ou de Happy Endings comme produit comique qui excelle dans le genre, non, il vaut mieux parler de séries plus propres sur elles malgré leurs sujets hautement pointus, des séries à l’aspect moins popu, plus proches des produits cinématographiques à citer pour briller en société. Pourtant l’essor des séries comiques depuis deux ou trois ans est assez phénoménal.

Dexter / Hank : même combat ?

 

Alors oui je suis un peu triste de voir que tout tourne autour de quelques noms. Quelques fois, on ose citer Californication, après qualité de la série mise à part, elle peut être moins intéressante à analyser, ce que je conçois, mais si on la cite, le journaliste aura plus de chance d’avoir des grincements de dents de la part de son entourage alors que donner en patûre Dexter ou Mad Men sera davantage moins risqué.

Investir dans la série cablée, c’est limiter les risques, c’est parler d’un sujet qui parait pointu mais qui ne l’est pas. Depuis que certaines séries sont des « must-see », tout le monde peut citer Mad Men dans une conversation sans passer pour un nase alors qu’il reste un peu de chemin pour pouvoir citer Doctor Who sans qu’un sourcil se lève.

Ses séries sont-elles aussi parfaites qu’on le dit ? Personne n’ose dire que Dexter a eu de mauvaises saisons, que Breaking Bad se perd un peu, que Mad Men ennuie.

Non, j’ai osé dire que Le Bon , la Brute et le Truand m’avait ennuyé sur Sens Critique non sans rappeler que pour l’analyser, il avait des arguments valables.

Oui on peut toucher aux classiques, non les séries bonnes d’aujourd’hui ne seront peut-être pas les classiques de demain !

Oui, à une époque, les journaux cherchaient toutes la nouvelle série culte.

Non, Lost ne restera sûrement pas dans l’histoire des séries de par sa vie de série tumultueuse.