Film de Michel Onsenfout avec John Pasconnu et Jenny Joliecesttout.

La nouvelle franchise lucrative du film d’épouvante est désormais sur un bon timing. Chaque halloween, nous avons notre petit Paranormal Activity. Chaque film ayant un budget ridicule, il n’est pas difficile de rentrer dans ses frais.

Crie-t-on encore à l’arnaque ? Peut-on encore faire plus vide que le 2 ?

 

 

Place aux caméras VHS, l’histoire se passe en 88 et on suit la petite vie des soeurs Kristi et Katie que l’on voit dans les deux premiers films. Nous avons donc une préquelle, sûrement que le 4 sera en super 8 (non sans oublier le forma t 16/9 et un son dolby bien sûr…)

Je n’ai pas grand chose à dire si ce n’est que le concept est éventé si on s’intéresse au procédé. Après l’actrice un peu connue du 2, voici que l’on tente de créer du récit en empilant du found-footage du 2 expliquant celui du 3.

Jamais le point de vue de l’homme derrière la caméra n’est souligné, le spectateur ne voit que par la caméra tenue par le personnage, hors en réfléchissant, nous ne passons pas notre vie derrière l’oeilleton de la caméra quand nous marchons dans la maison à la recherche du bruit qui nous inquiète tant… je me trompe ? L’implication du spectateur averti est donc totalement annihilé par un procédé maintes fois utilisé depuis trois ans, la diègèse est artificiellement créé par ce choix de point de vue, notre angle de vision est donc réduit, tout comme la perception des personnages qui s’en trouvent totalement biaisée.

Diégèse ? Monsieur Wikipédia s’il vous plaît :

Dans une œuvre, on peut souvent distinguer plusieurs niveaux diégétiques :

  • le niveau extradiégétique : c’est le niveau du narrateur lorsque celui-ci ne fait pas partie de la fiction (par exemple narrateur omniscient), sait tout ce qui est extérieur à la fiction ;
  • le niveau diégétique ou intradiégétique : c’est le niveau des personnages, de leurs pensées, de leurs actions ;
  • le niveau métadiégétique ou hypodiégétique : c’est lorsque la diègèse contient elle-même une diégèse, par exemple un personnage-narrateur ;
C’est toujours très intéressant d’étudier la diégèse dans les films surtout quand on utilise le found footage comme pour Paranormal Activity, Blair witch et j’en passe et des sûrement meilleurs.
(scène qui n’est pas dans le film)
Le scénario en lui-même est basé sur un concept tout aussi fort : l’endormissement du spectateur puis le sursaut. Le plus effrayant restera le personnage qui sort du placard, rien de plus. J’ironise à moitié mais comme pour le 2 seule une scène sort du lot et contient une mécanique basé sur le « too much » mais aussi le surprenant, l’invraisemblable.
SPOILER
Sur un panoramique de la caméra nous voyons le personnage sortir de la cuisine pour aller vers le salon puis quand la caméra et le personnage revient dans la pièce, elle est vidée de ses meubles. Deux secondes plus tard, tout le mobilier et objets tombent du plafond.
FIN SPOILER
Quand il arrive ce genre de scène on sait deux choses, que l’on a survécu pendant 1 heure 10 à une suite de scènes où un objet bouge et qu’il reste dix minutes où on va assister à la fin « too much ». Je regrette encore de savoir que Spielberg lui -même a ordonné une fin aussi bancale que celle du premier film… L’ajout d’un élément fantastique hautement démonstratif, le film avait perdu sa puissance évocatrice s’il en est.
Si vous avez autant flippé pendant le 2 que le 1, allez voir le 3 mais je vous conseille quand même d’autres films plus flippants comme… comme… euh, j’ai jamais eu vraiment peur au cinéma :'(
Le 3 a rapporté quasiment autant que le premier, on va donc avoir un quatrième épisode rapidement pour le plaisir des fans…