Film de Martin Campbell (Casino Royale, Zorro) avec Ryan Reynolds (Blade 3, Buried) et Blake Lively (Gossip Girl)

Le flop de l’été pour Warner est arrivé en France et ne marche pas plus ! Le film est effectivement passable à la limite du divertissant. Après plus d’une heure 45 de film, le constat est là : tout ça pour ça malgré un capital sympathie suffisant.

DC Comics a vraiment du mal à faire autre chose que du Batman puisqu’après l’echec de Superman Returns qui n’a pas fait l’unanimité, le projet avorté de Batman/Superman, les arlésiennes Flash et Wonder Woman, DC se devait de rebondir. Green Lantern est presque un miracle.

Au-delà du cast qui me gêne un peu, étant donné que Ryan Reynolds a déjà joué Deadpool, un super-héros et que, pour moi, un acteur ne doit pas endosser plusieurs costumes (comme Halle Berry ou Chris Evans !) surtout que l’on voit tous Ryan en Flash !

Le film est visuellement beau, l’univers de Green Lantern très Space opera se revèle très riche, peut-être un peu trop vu les explications un peu maladroites. Hal Jordan est sensé tout savoir grâce à l’anneau mais il demande quand même qui fait quoi sur Oa, la planète des Lanterns…

Le côté introductif des personnages, de l’univers et des enjeux, prend beaucoup de place dans le métrage sans ennuyer vraiment. Simplement, il y a trop d’esbroufe. La scène de début est à la limite du ridicule et chaque effet est vraiment « too much ». Des effets visuels à la limite de la démo informatique parsèment le film et rend le tout inintéressant. Cela dit le monde d’Oa et les effets des Lantern sont très biens rendus.
Green Lantern peut tout faire apparaître et à la manière de The Mask, il matérialise des objets un peu insolites qui créent un peu trop de décalage, c’est là que l’on peut trouver une raison de l’échec du film !

On ne ressent pas beaucoup de menace dans le film, l’implication est peu palpable, seule une scène avec le « monde extérieur » permet de remettre un peu de danger dans le script assez faiblard niveau enjeux. D’ailleurs, c’est quand cette menace devient présente que le film se termine en deux coups de cuillères. Les 1h50 passent très très vite finalement, ce qui est un bon point puisque le niveau est assez faible. Cela reste divertissant à la manière d’un 4 Fantastiques (que j’avais bien aimé pour ce côté fun et décomplexé !) mais ça survole beaucoup de choses.

Les personnages ont une consistance artificielle à l’image de Hal à qui on attribue un traumatisme d’enfance très mal amenée, à la manière d’un flashback inutile et grossièrement intégré. Le film a même le luxe de présenter un flashback dans le flashback. Le pote de Hal, le père de Carol, tout ça est très survolé et peine à faire monter le capital sympathie. Ryan Reynolds est très bon comme d’habitude, il apporte cette désinvolture au personnage et est physiquement crédible dans le costume !

Carol Ferris jouée par la splendide Blake Lively incarne le love interest de Hal avec conviction mais peu d’intérêt comme tous les autres personnages qui n’ont pas le même poids que, par exemple, ceux de Iron man, Tim Robbins n’est pas Jeff Bridges ! Peter Sarsgaard joue un très bon méchant même si son rôle est sous-exploitée, il devient une doublure du grand méchant, Parallax qui sera vaincue rapidement.

Le film est rythmé, beau mais reste paralysé par des mises en place mal exploitées. Le script aurait pu facilement être plus long ce qui n’aurait pas été une mauvaise chose avec un méchant bien délimité, et des relations entre les personnages plus consistantes. Il y avait de quoi faire avec cet univers très riche, un second film est quand-même en préparation (il faut rester pour la scène post générique) et on devrait faire beaucoup mieux.
Les enfants aimeront, les adultes un peu moins mais Green Lantern reste une tentative de DC et Warner de faire autre chose que du Batman et du Superman et il y a clairement beaucoup de travail avant de faire aussi bien et huilé que Marvel !