Film réalisé par un norvégien avec des norvégiens donc inutile que je vous en parle ?

Un film bardé de prix, norvégien et fantastique, c’est suffisant pour éveiller la curiosité de cet objet original et curieux.

Un groupe d’étudiants part à la recherche d’un chasseur qui semble en savoir d’avantage sur les mystérieuses attaques qui se déroulent dans une région de Norvège. Il découvre assez vite que tout est une affaire de… trolls !

La « mythologie » ancrée dans des éléments somme toute normaux est une valeur ajoutée sympathique. En effet, les légendes scandinaves sont la base de ce film qui tendent à rendre crédible ces « on dit ».  Les lignes électriques sont un enclos à trolls, les moutons sont un frigo ouvert, les pierres des montagnes sont des défouloirs à trolls… autant d’éléments qui sont intelligemment expliqués.

Troll Hunter fait parti de cette génération de films bercés par Blair Witch. Les Rec, Cloverfield et autres Paranormal Activity marchent plus ou moins biens et voilà que Troll Hunter prend ce parti-pris formel. La manière de filmer, à la « mockumentaire » renforce cette idée de vouloir à tout prix crédibiliser l’histoire.

Deux soucis : cette façon de filmer est éculée et la manière de le raconter est ratée. Comment être crédible si on nous balance dès le début qu’avec 293 minutes de rushes, ils ont remonté le tout pour en faire un film et nous offrent une histoire bardée de plans et séquences somme toute inutiles ? Comment expliquer que trois plans constituent une scène ?

 Mais au delà de ça, le film reste assez ennuyeux. Il n’y a aucune progression, le mystère est très vite éventé, tant mieux me direz vous, là où on attend que Paranormal Activity commence, Troll Hunter a déjà montré deux trolls en 30 minutes.

D’ailleurs les trolls, quoique très réussis, font presque sourire et aucunement peur. Alors peut-être qu’en Norvège, cela fait parti du folklore et que l’existence même de ces créatures fait frissonner plus que leur apparence. Le suspens ne parvient pas à décoller malgré des séquences qui seront à coup sûr des sommets d’angoisse (artificielle) dans le remake américain.

Côté personnages, il y a très peu de personnification, d’empathie, personne n’est présenté à part le charismatique chasseur de trolls. SOn univers est fascinant, son antre est une curiosité et il est dommage de passer vraiment outre ce chasseur.

Cette absence d’affection pour les personnages annihile toute émotion. L’humour est à peine engagé et on ne sait plus si le film est un regard grinçant sur le genre « mockumentaire »…. En cela, la scène de fin est assez étrange… elle n’apporte rien, tente de faire un appel du pied à la thématique du film sans pour autant lancer de nouvelles pistes. La scène est « crédible » mais la réaction finale sonne faux comme jamais.

Au-delà d’une histoire crédible, servie par des effets spéciaux réussis mais à l’esthétique tendancieux, Troll Hunter parvient à intéresser sans passionner. Un pur documentaire sur un faux chasseur de trolls aurait gagné en intensité et en mystère là où le film fait disparaître toute implication. Les dix dernières minutes sont vraiment jolies, le paysage norvégien, la froideur de l’image donnent un cachet impeccable à cette scène très bien fichue :

Une curiosité norvégienne à voir si vous avez l’occasion.