Film écrit et réalisé par JJ Abrams (Star Trek, Lost, Fringe) avec une belle bande de jeunes talents.

La surprise de l’été US (125 millions de dollars, mieux que Green Lantern) arrive en France la semaine prochaine. Produit par Spielberg, écrit et réalisé par un des producteurs les plus en vus, voici Super 8, sorte de cliché d’antan, à l’époque où le cinéma prenait son temps.

Souvent comparé avec E.T. ou les Goonies, Super 8 est effectivement un hommage vrombissant au cinéma Amblin que Tonton Spielberg proposait, des Goonies aux Gremlins en passant par ses propres films.

Une bande de jeunes garçons termine un film de zombie en super 8. Pendant le tournage d’une scène, ils sont témoins d’un accident spectaculaire de train qui a libéré une créature extra-terrestre. Résumé comme ça, le film a de quoi faire rire, cependant nous avons bien affaire à deux entités scénaristiques différentes qui coexistent avec un tout petit de maladresse.

L’histoire des enfants se suffit largement à elle-même, le traumatisme du jeune Joe qui a perdu sa mère sert de point de départ à cette chronique pré-adolescente qui se suit avec bonheur. La mère de Joe a eu un accident dans son usine alors qu’elle remplaçait Louis Dainard qui, depuis, s’en veut au point de sombrer dans l’alcool et de malmener sa fille, Alice qui rejoint le petit groupe des garçons pour le tournage. La partie dramatique est placée, nous avons donc des relations tendues entre les personnages et un passif palpable qui, finalement, ne rend pas justice au film. Le film ne surprend pas vraiment par sa progression scénaristique. D’ailleurs, le film prend son temps, comme à la belle époque du cinéma de divertissement où il fallait attendre la dernière partie pour profiter pleinement du spectacle.

La dernière partie relève de la science-fiction pure et convainc difficilement tant le film propose deux tableaux différents, la peinture de cette jeunesse est suffisamment fournie pour offrir une belle histoire d’enfants. Cette histoire de créature rajoute un cachet supplémentaire, la fameuse « plus-value » que le jeune Charles, réalisateur du film de zombie recherche tant ! Le lien entre les deux thématiques est flou dans la mesure où il est difficile de s’attacher au sort de cette créature même si Super 8 va réveiller des souvenirs à tous les « enfants » du cinéma des années 80.

Aussi une scène avec un pendentif est tire-larmes et je vous laisse la découvrir !

Côté casting, les jeunes acteurs sont formidables, Ellie Fanning en tête. Joel Courtney qui joue le héros est aussi fabuleux. Ils portent le film sur leurs épaules. Les acteurs plus confirmés s’en sortent honorablement même si leurs rôles restent dans un carcan ultra-délimité.
La réalisation de JJ Abrams est sobre et efficace, l’usage de lens-flares est quand même abusif tant ces halos lumineux rendent le film artificiel. Ces petits effets sont légion sur ses films e dans Super 8, ils sont presque désagréables.

Ce film rend visite à nos souvenirs cinématographiques, à l’époque où le divertissement était encore original, non tiré d’oeuvres prémachées, un cinéma qui prenait son temps (je me répète mais c’est la sensation que j’ai eu). Super 8 est le chaînon manquant entre le cinéma d’hier et celui d’aujourd’hui. Si à l’époque, Hollywood avait le même visage qu’en 2011, il aurait produit Super 8 après le succès de ET et des Goonies en pensant surfer sur le succès de ces films.
En cette période, Super 8 est le film le plus frais de l’été, tiré d’aucun comics, d’aucun film original, rien que pour ça il a sa carte à jouer.

Si vous cherchez un film qui arrive à être touchant, avec des jeunes comédiens formidables, qui parle à l’enfant qui est en vous et qui vous divertit avec trois fois rien, foncez ça ne peut que vous faire du bien à défaut d’être la claque ciné de l’année.