Film de Wes Craven (Scream) et écrit par Kevin Williamson (Scream, Dawson, Vampire Diaries)
Avec Neve Campbell, Courtney Cox, David Arquette, Hayden Pannetière, Emma Roberts…

15 ans après le premier Scream qui avait surpris tout le monde en mettant en scène le public du film d’horreur en tant que victimes d’un tueur masqué d’une manière intelligente, Wes Craven et Kevin Williamson remette le couvert avec un film, Scream 4, qui reboote, remake, reprend les ingrédients du premier film.
Si Scream 4 est une machine efficace, elle oublie cependant que si le cinéma d’horreur et d’épouvante à évoluer avec l’économie du cinéma (remakes et suites à gogo), il oublie que le public, lui aussi, a évolué et je ne parle pas du genre de public que sont les personnages du film, mais le VRAI public.

Les critiques étaient pour le moins positives sur ce Scream 4, le film remettait au goût du jour les ingrédients entraperçus dans la trilogie et se moquait de la mode des suites à répétition et des remakes. On savait que  Scream 1 était un portrait d’une génération de jeunes friands de films d’horreur avec un second degré cinglant. Cependant, le public visé était celui qui allait se nourrir également des codes pendant dix ans. Scream 4 ne semble pas dresser le portrait du public d’aujourd’hui. Du moins, il le fait mais le second degré parvient à chaque scène.
A l’époque de Scream 1, cette vision était neuve, le public n’avait pas une longueur d’avance dans la réflexion, désormais, le public l’a ! La vague de films d’horreur joue totalement contre ce genre de moquerie. Le public a un second degré ultra développé. Il n’y a qu’à voir les réactions dans les cinémas quand les films sont diffusés : il rit ! Il rit de plus en plus, les gens sont là pour se moquer aussi des victimes !

Scream 4 a juste 2/3 ans de retard. Les multisuites et remakes ont déjà pourri le paysage cinématographique du film de genre. On ne peut pas s’en moquer car la production visée était déjà partie dans une qualité moyenne voire médiocre.

Revenons au film, Sydney Prescott termine la promo de son livre qui raconte son histoire, Gale Weathers est mariée à Dewey qui est toujours flic. Le casting nouvelle génération est, lui, constitué d’acteurs soient prometteurs (la jeune Emma « nièce de » Roberts) soient connus par les fans de série (entre autre Community, The OC, Heroes, Pretty Little Liars, True Blood, Veronica Mars…) et on se dit que la relève est là.
Il y a la simili Sydney, le simili Randy, le simili Billy…  ça n’est pas très subtil mais ça augure de bonnes idées.

En fait pas vraiment, on retrouve à peine les idées du premier film, le script se veut référentiel mais j’ai eu peine à reconnaitre Scream 1 (film que j’ai vu quand même 11 fois). On évite la copie conforme et l’hommage dissimulé en repompage mais on joue surtout sur ce qu’on connait ! On apprécerait peut-être mieux le film si on ne connaissait que peu la trilogie. De mon côté, je me suis un peu ennuyé, la tension était assez mal rendue. Le second degré et les scènes téléphonées, car utilisant les codes du film d’horreur, m’ont rendu amorphe devant le film. On SAIT pertinemment que la fille dans le parking va mourir. On SAIT pertinemment que la caméra est placée de telle façon que l’on va sursauter.

C’est là que le film perd des points, le public a une longueur d’avance sur le script. Il y a une exception qui marche à la première vision, c’est le prégénérique. La mise en abîme est telle que seul Scream pouvait le faire. On attend le summum du film méta. D’ailleurs le film nourrit le script qui nourrit la parodie qui nourrit le remake qui nourrit le film qui… Wes Craven a inventé le film auto-alimenté.

ATTENTION SPOILERS !!! (identité du Ghostface, victimes, fin…)

Je ne comprends cependant pas comment Stab 7 peut avoir comme scène d’intro celle de Stab 6, les spectateurs connaissent Stab 6 donc ça ne pourrait pas marcher. A moins que dans le monde de Stab, il y a une version cinéma de Stab qui s’intitule Stab ! Bref, je ne sais plus mais un personnage parle de ce procédé, mais je n’ai pas retenu les détails.
Après cette mise en abîme, on nous présente les personnages comme dans le premier film, des adolescents sans grande psychologie qui sont excités car leur ville est Woosboro ! Rien de bien méchant de ce côté, pourtant on se dit que la petite Emma Roberts qui joue Jill Roberts (ça ne s’invente pas) pourrait faire une bien belle Sydney 2 pour les suites à venir.

Hélas, tout le casting meurt ! Il ne reste que le trio vedette. Alors à quoi bon ? Wes Craven et Kevin Williamson préfèrent préserver leurs stars pour une éventuelle suite et garder le noyau de fans originel.
Tout le monde y passe et d’une façon classique, coups de couteau certes mais moins spectaculaire et recherchée que les précédents films. Pourtant le tueur est assez bon au téléphone, la pression est bien amenée et il joue bien avec les personnages. On retrouve le jeu entre victime et tueur avec plaisir et délectation.

Pour ce qui est de l’identité du tueur et du mobile, on peut dire que cela reflète bien la situation de la société actuelle. Cette quête de starification devient une obsession et on applaudit le parallèle avec la réalité, quelque fois morbide d’ailleurs. Dans une moindre mesure, l’identité du tueur est peu surprenante voire peu crédible, comment voir en Jill une tueuse ?? Même sa volonté de recréer Woosboro 15 ans en arrière est louable, la mise en place est douteuse.
Si cela avait été un personnage à peine aperçu, l’impact aurait été plus lourd, prétextant une perte de repère d’une certaine jeunesse. Les critiques auraient peut-être crié au scandale mais rendre réaliste une motivation est beaucoup plus malsaine.

FIN SPOILER

Alors que s’est-il passé avec Scream 4 ? Suis-je trop en décalage avec le public de base ? J’ai parlé en général du public habitué aux films de genre mais c’est peut-être moi qui n’ai plus le cynisme de Scream !

La lourdeur du second degré de Scream 4 fait passer le film pour un hommage appuyé à l’original ET à la parodie Scary Movie. On ne sait plus si Scream 4 s’est perdu dans son propre genre mais il est délicat de trouver un premier degré efficace, une terreur palpable.
Un casting peu reluisant (Adam Brody, à quoi sert-il ?? Alison Brie enfermée dans la cruche, David Arquette toujours aussi mauvais) ne parvient pas à tirer le film vers le haut alors que l’on a plaisir à croiser des têtes connues. Une multitude de seconds rôles est souvent une plaie pour un film et pour Scream 4, il esst difficile de sortir du carcan du trio vedette.  Pourtant Hayden Pannetière et Emma Roberts avaient deux personnages suffisamment intéressants pour porter un Scream 5 !
Je ne trouve pas que de points négatifs mais des points de déception, le film en lui-même joue plus sur le sursaut que la peur réelle et ce n’est pas le cliché même de la tapette à coté de moi qui va me contredire. A mon avis, Scream 1 marche beaucoup par nostalgie et Scream 4 a peut-être une hype un peu forte qui l’oblige à être comparé au premier. Ce n’est pas un mauvais film mais un film décevant.
J’attends une seconde vision !