Avec Keira Knightley, Carey Mulligan et Andrew Garfield (le nouveau Spider-Man).
Réalisé par Mark Romanek, un faiseur de clips, Never Let Me Go est un peu The Island (Michael Bay, 2005) réalisé par Ken Loach, voyez-vous ?


Disons-le de suite, le film est moyen mais pas chiant. Il y a de la matière à faire quelque chose de plus intéressant quand même. L’histoire est simple, des clones sont élevés dans un institut en Angletterre en attendant d’être appelés pour un don d’organe. Dit comme ça le film est de la pure anticpation, mais le film se passe durant les années 80. C’est une sorte d’uchronie sans effets spéciaux, sans réalisation tape-à-l’oeil, sans artifice.
Seulement là où tout film indépendant aurait eu un script intelligent, Never Let Me Go s’allège de toute explication mis à part quelques dialogues explicatifs, l’univers ne semble pas défini. Les règles instaurées par cet institut sont assez étrange. Il ne faut pas sortir des limites du bâtiment car certains ont été retrouvés morts, il faut badger chaque entrée et sortie, on y apprend le sexe à 10 ans… Ces règles ne semblent pas plus contraignantes ou décalées que ça. Rien ne justifie vraiment ce « monde », le spectateur ne ressent pas l’enfermement, la pression ou l’endoctrinement. Finalement le rôle des clones n’est pas suffisament délimité. Aucune rebellion de la part des clones n’a lieu. Ils sont même capables de sortir de l’institut quand ils sont adolescents. Pourquoi ? Qui les gère ? Ont-ils des limites d’action ?

Le Figaroscope décrit le film comme distillant « une poésie triste où jamais il n’est question de rébellion face à l’ordre établi »; mais justement, il n’y a aucun ordre établi, tout est flou. On demande au spectateur d’accepter ce monde, de sous-entendre unr églement précis mais au contraire, le film donne l’effet inverse, rien ne semble tenir debout.

Etrange.

Quelques fois, le film nous sert des informations intéressantes, les clones seraient issus de la vermine anglaise, les junkies, les prostituées. Ok, mais pour aider leur modèle ? Pourquoi après trois dons, le « programme » prend fin ?

Il manque quelque chose à ce film et malgré les critiques presque unanimes qui qualifient ce film de bijou, on ne peut pas dire qu’il peut faire l’unanimité du spetateur. Le film est beau, poétique et s’enferme dans quelque chose de purement formel. Jamais le spectateur ne sent une quelconque tension, un enjeu, un climax. La fin du film offre un simili twist et peine à faire ressentir au spectateur les émotions nécessaires.
La peur de la mort, le fil de la vie, les choix, l’amour sont autant de thèmes qui font écho au film mais sont évoqués fébrilement.

Finalement, Never Let Me Go, adapté d’un livre contemporain japonais, tire sa force dans une atmosphère lugubre mais loin d’être glauque.
Si Michael Bay fait BOUM avec The Island, Romanek fait HUM avec la même idée.
Et Mulligan et ses yeux de cocker me plaisent pas.