Je me suis décidé à regarder ce film pour trois raisons : la musique, le casting et le sujet. Au final, l’une m’a déçu, le second m’a plu et le dernier m’a interrogé.

Sam Mendes a fait l’excellent American Beauty (1999), les non-vus Jarhead (2002),  Les Sentiers de la perdition (2005) et Les Noces Rebelles (2008). On ne peut pas dire qu’il a fait des mauvais films mais il rend justice à de bons scénarii.

Away We Go, sur un scénario de quasi inconnus, met en scène un jeune couple, bientôt parents, qui cherche le bon endroit pour installer sa future famille alors que les parents du mari, Burt (incarné par un parfait John Krasinski, The Office), décident de partir de leur petite ville.

Verona, la future mère, (Maya Rudolph, Saturday Night Live) qui a perdu ses parents, décide d’aller voir sa famille, ses proches dans tous les coins des Etats-Unis pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Se considérant comme ratés, le couple va alors commencer son road-trip.
A travers différentes villes (introduites par des intertitres Away To …) , nous faisons la connaissance de couples à différents moments de leur vie et le moins que l’on puisse c’est que Verona et Burt ne sont pas si ratés que ça.
Les seconds rôles (au hasard Catherine O’Hara ou Maggie Gyllenhaal) sont parfaitement interprétés et donne à ce film un cachet de petit film indépendant de bonne facture. Le souci est que les personnes rencontrées sont tristes ou peu intéressantes à voir évoluer. C’est à partir de la rencontre avec le couple ultra baba-cools que le film prend son ampleur. Verona et Burt commencent le doux apprentissage de la vie de couple avec ses désillusions et ses joies.

Chaque rencontre permet de consolider ce couple qui ne paraissait pas du tout fragile au début mais plutôt maladroit et peu sûrs d’eux.

La musique d’Alexis Murdoch, tout ce qu’il y a de plus folk, est totalement indispensable à ce genre de film, cependant si elle fonctionnait dans la bande-annonce, elle est ici dépourvue du moindre apport. Je ne sais pas, elle ne semble pas coller aux scènes. Tant mieux si elle ne sert pas de catalyseur à l’émotion mais là, il y a clairement un souci.

La critique des Cahiers du cinéma juste pour deux secondes : Un road-movie absurde et mineur qui nourrit et trahit l’utopie de la case Départ.

Pas du tout. Ni totalement drôle, ni totalement triste, Away We Go est de ces films qui vous posent de bonnes questions sur l’être humain comme Garden State (2004), il y a une douce mélancolie, une atmosphère de « vie » qui se dégage. Au fur et à mesure du film, l’histoire prend tout son sens et le film se conclut de la plus belle des manières pour ce couple.